Achat-vente d'un navire : vérifications juridiques visant à protéger l'acheteur

L'achat d'un navire ne se résume pas à l'acquisition d'un actif de valeur. L'acheteur peut en effet se retrouver confronté à une hypothèque enregistrée, à une saisie, à des dettes impayées, à un litige concernant la propriété ou à un obstacle à la nouvelle immatriculation. C’est pourquoi l’expertise technique est nécessaire, mais pas suffisante. Le cadre juridique exige une expertise en le droit maritime et les activités portuaires.

Dans le cas de achat et vente d'un navire Les vérifications juridiques doivent être achevées avant le paiement final. Leur portée exacte dépend de l'État du pavillon, du lieu d'immatriculation, de la localisation du navire et du droit applicable à la transaction.

Pourquoi la vérification juridique est-elle essentielle avant l'achat d'un navire ?

L'inspection technique permet de déterminer l'état de la coque, des machines et des équipements. La vérification juridique permet de répondre à d'autres questions : le vendeur est-il le véritable propriétaire, peut-il disposer du navire, existe-t-il des charges grevant le navire et sera-t-il possible de radier le navire et de l'immatriculer au nom de l'acheteur ?

Une vérification incomplète peut entraîner un retard dans la remise des biens, l'impossibilité de les exploiter ou la nécessité pour l'acheteur de faire valoir ses droits à l'encontre de créanciers et de tiers. Dans le cadre d'une transaction internationale, les conséquences s'étendent souvent à plusieurs juridictions.

Vérification de la propriété et du droit du vendeur à conclure la transaction

Schéma de vérification de la propriété d'un navire à l'aide du registre, du certificat d'immatriculation, du contrat antérieur, du vendeur et de l'acheteur.

La première tâche consiste à établir une chaîne de propriété ininterrompue et convaincante. L'acheteur doit obtenir un extrait à jour du registre des navires concerné, le certificat d'immatriculation et les documents sur la base desquels le vendeur a acquis la propriété.

Le nom du propriétaire enregistré doit correspondre à celui du vendeur figurant dans le contrat. On vérifie également les données d'identification du navire, ses noms antérieurs et son numéro attribué selon le système de L'Organisation maritime internationale (OMI). Toute divergence entre le registre, les documents du navire et le projet de contrat doit faire l'objet d'un examen plus approfondi.

Lorsque le vendeur est une société, il convient de vérifier le pouvoir de représentation de la personne signataire. En fonction du droit des sociétés applicable, une décision de l’organe de direction, l’approbation des associés ou l’accord d’un établissement financier peuvent être nécessaires.

Vérification des hypothèques, des saisies et des créances maritimes cachées

Schéma explicatif des hypothèques, des saisies et des créances maritimes cachées lors de l'achat d'un navire.

L'extrait du registre maritime doit mentionner les hypothèques inscrites et les autres charges soumises à enregistrement. En cas d’hypothèque, le contrat doit préciser si celle-ci sera radiée avant le transfert, simultanément au paiement ou par le biais d’un autre mécanisme de garantie. Il ne faut pas se fier uniquement à la promesse du vendeur.

On vérifie également si le navire a été saisi ou s'il fait l'objet d'une interdiction de disposition. Le registre peut être utile, tout comme les informations fournies par les tribunaux, les autorités portuaires et les représentants locaux du pays où se trouve le navire.

Un extrait du registre ne prouve pas l'absence de toute créance. Certaines privilèges maritimes et certaines créances peuvent ne pas être inscrits au registre public. Il convient donc d'examiner les éventuelles obligations concernant :

  • les rémunérations et autres paiements versés à l'équipage ;
  • les redevances portuaires et de canal ;
  • carburant et consommables livrés ;
  • services de réparation et de dépannage ;
  • dommages résultant d'une collision, d'une pollution ou de tout autre incident maritime.

Les déclarations du vendeur, les confirmations des principaux créanciers et les garanties contractuelles sont utiles, mais elles doivent compléter, et non se substituer, à une vérification indépendante.

Enregistrement, drapeau et statut réglementaire

Processus allant de l'ancien registre à la nouvelle immatriculation en Bulgarie, en passant par la radiation et les contrôles réglementaires.

L'acheteur doit vérifier si l'immatriculation est valide et si le navire bat légalement le pavillon indiqué dans les documents. La réglementation de l'État du pavillon concerné définit la procédure de transfert, de radiation et de délivrance d'un certificat de radiation.

Si le navire doit être immatriculé en Bulgarie, il convient de vérifier au préalable les exigences de Agence exécutive « Administration maritime ». Il est nécessaire de coordonner les documents, les traductions, le format du contrat et la date à laquelle l'ancien enregistrement sera résilié. Cela permet d'éviter une période pendant laquelle le navire ne pourrait pas être exploité légalement.

On vérifie également l'historique du pavillon et des noms, les immobilisations lors des contrôles portuaires et les éventuelles restrictions liées à des sanctions. Les parties, les propriétaires effectifs, les bailleurs de fonds, le navire et les sociétés liées doivent être vérifiés au regard des régimes de sanctions applicables, y compris la liste officielle Carte des sanctions de l'Union européenne.

Documents et certificats à examiner

Outre les titres de propriété, l'acheteur doit recevoir un dossier complet et à jour des documents du navire. La liste précise dépend du type, de la taille, de la destination et de la zone de navigation du navire, mais comprend généralement les certificats d'immatriculation, de classification, de sécurité et environnementaux.

Il convient de vérifier si la société de classification choisie reconnaît le navire, s'il existe des recommandations non mises en œuvre et si des inspections obligatoires sont prévues. Il faut également examiner la couverture d'assurance, l'historique des accidents et les sinistres déclarés.

Il est important d'identifier tous les contrats en vigueur susceptibles d'avoir une incidence sur la cession ou l'exploitation future : contrats d'affrètement, de gestion, de location, de réparation, d'équipage, de services portuaires et de financement. Le contrat de vente doit indiquer clairement quelles relations sont résiliées et lesquelles sont éventuellement reprises par l'acheteur.

Comment le contrat protège-t-il l'acheteur ?

Le contrat doit identifier précisément le navire en précisant son nom, son numéro OMI, son pavillon, son numéro d'immatriculation et ses caractéristiques principales. Il convient de préciser clairement si le prix comprend l'équipement, les pièces de rechange, le carburant, la documentation et les autres accessoires.

La protection de l'acheteur comprend généralement des garanties données par le vendeur quant à sa qualité de propriétaire, à son droit de disposer du navire, à l'absence de charges non déclarées grevant le navire et à l'absence de contrats ou de réclamations cachés. En cas de manquement, il convient de prévoir un droit de résiliation, une indemnisation ou tout autre mécanisme efficace.

Avant le paiement, certaines conditions peuvent être posées, telles que :

  • présentation d'un certificat à jour attestant de la propriété et des charges ;
  • radiation des hypothèques et levée des saisies ;
  • obtention des autorisations au niveau de l'entreprise et des autorités de régulation ;
  • un résultat satisfaisant à l'issue de la vérification technique et juridique ;
  • disposition à se désinscrire puis à s'inscrire à nouveau.

Le contrat doit préciser le droit applicable et le mode de règlement des litiges. Le choix entre une procédure judiciaire et l'arbitrage s'effectue en fonction des juridictions des parties, de la localisation des actifs et de la possibilité d'exécuter la décision future.

Paiement, remise et transfert de propriété

Processus en quatre étapes pour la gestion des documents, la mise sous séquestre, la remise et l'immatriculation dans le cadre de l'achat-vente d'un navire.

Le paiement doit être subordonné à la présentation de l'ensemble des documents convenus. Dans le cadre de certaines transactions, il est possible de recourir à un compte séquestre, de sorte que le montant ne soit débloqué qu'une fois les conditions préalablement définies remplies.

Lors de la finalisation de la transaction, on procède généralement à l’échange du document de transfert de propriété, des procès-verbaux de remise, des attestations d’absence ou de radiation de charges, des décisions sociales et des documents de radiation. Le procès-verbal doit mentionner la date, l'heure et le lieu de la remise, l'état du navire et le moment à partir duquel le risque est transféré à l'acheteur.

Une fois la transaction finalisée, on procède à la radiation de l'ancien registre, à la nouvelle immatriculation et aux notifications nécessaires auprès des autorités compétentes, de l'assureur et de la société de classification.

Liste de contrôle avant la signature et le paiement

  • Vérifiez l'identité et le pouvoir de représentation du vendeur.
  • Vérifiez les titres de propriété et les informations figurant au registre des navires.
  • Vérifiez les hypothèques, les saisies, les privilèges et les litiges en cours.
  • Examinez les créances impayées envers l'équipage, les ports et les fournisseurs.
  • Vérifiez le pavillon, le numéro OMI, les certificats et la classe.
  • Procéder à un contrôle visant à vérifier le respect des sanctions à l'égard du navire et des personnes concernées.
  • Veuillez préciser les conditions de désinscription et de réinscription.
  • Subordonnez le paiement à la présentation de tous les documents requis.

La transaction doit être suspendue ou restructurée si la propriété ne peut être prouvée, si les données relatives au navire ne concordent pas, si le vendeur refuse de fournir les documents, s'il existe des charges inexpliquées ou s'il n'existe pas de voie réaliste vers la radiation et une nouvelle immatriculation.

Foire aux questions

Un navire grevé d'une hypothèque peut-il être vendu ?

C'est possible, mais l'hypothèque ne disparaît pas automatiquement du fait de la vente. L'acheteur doit exiger un mécanisme de remboursement et de radiation conforme à la législation applicable et au registre.

Comment vérifier si un navire a été saisi ?

La vérification dépend de la localisation du navire et de la juridiction compétente. Il peut être nécessaire de se procurer des renseignements auprès d'un tribunal, des autorités portuaires, des registres et d'un avocat local.

Les obligations de l'ancien propriétaire sont-elles transférées ?

Toutes les obligations ne sont pas assumées personnellement par l'acheteur, mais certaines créances et charges maritimes peuvent grever le navire lui-même. C'est pourquoi chaque risque doit être analysé séparément.

À quel moment la propriété est-elle transférée à l'acheteur ?

Ce moment dépend du contrat et du droit applicable. Il doit être clairement coordonné avec le paiement, la signature des documents, la remise et les formalités d'enregistrement.

Faut-il faire appel à un avocat spécialisé en droit maritime ?

Une assistance spécialisée est particulièrement importante dans le cadre d'une transaction internationale, d'un financement, de charges grevant un bien, d'un changement de pavillon ou en cas de doute quant à l'existence de réclamations. L'avocat peut coordonner les vérifications et lier leurs résultats aux clauses de sauvegarde du contrat.

Une protection juridique avant la transaction, et non après la survenance d'un litige

C'est avant le paiement et la réception du navire que l'acheteur se trouve dans la position la plus forte. NAKOV | Avocats peut procéder à une vérification juridique de la propriété, des charges et des documents, ainsi que préparer ou examiner le contrat et les modalités de finalisation de la transaction.

Partager :

fr_FR